De la théorie religieuse à la vraie compassion
Nous avons tous déjà été maladroits, voire blessants, face à la détresse d’un proche. Les trois amis de Job – Éliphaz, Bildad et Tsophar – partaient pourtant d’une excellente intention. Ils ont voyagé pour venir le plaindre, et sont restés sept jours et sept nuits assis par terre à ses côtés, en silence, partageant sa douleur. Enfin, c’est ainsi que nous, spectateur occidentaux de la scène, lisons ces versets. Mais ce silence de 7 jours, n’est pas juste le fruit de leur consternation devant l’état lamentable de leur ami. Non, c’est en fait une veillée funèbre. Job bien que vivant et luttant, est mort pour eux.
Leur silence, fera place au chapitre 4 et jusqu’au chapitre 37 à l’expression verbale de leur ressenti. Leur silence en disait déjà long, mais dès qu’ils ont ouvert la bouche, la dérive a commencé.
Prisonniers d’une théologie rigide et rétributive, ils ont voulu à tout prix appliquer une équation simpliste : « Si tu souffres, c’est que tu as péché ; si tu te repens, Dieu te bénira à nouveau ».
En voulant défendre Dieu à coups de doctrines impersonnelles, ils sont devenus, selon les mots poignants de Job, des « consolateurs fâcheux ». Ils ont préféré préserver leurs systèmes théologiques plutôt que d’écouter le cœur brisé de leur ami.
Notre parcours dans le livre de Job s’achève sur un avertissement solennel de la part de Dieu, qui reprochera vertement aux amis de ne pas avoir parlé de Lui avec droiture. Cet enseignement doit transformer radicalement notre manière de vivre l’Église. Demandons au Seigneur de nous délivrer des réponses toutes faites et des jugements hâtifs. Que notre Église Protestante Baptiste de la Vienne se distingue non par des théories moralisatrices, mais par une compassion active, patiente et silencieuse, marchant humblement sur les traces de Jésus.
Ainsi, osons nous demander : Face à la souffrance des autres, ai-je tendance à vouloir rapidement « expliquer » ou « régler » le problème théologiquement pour me rassurer moi-même ?
Quelle attitude concrète ou quelle parole constructive puis-je adopter cette semaine pour être un « consolateur selon le cœur de Dieu » auprès de quelqu’un qui traverse l’épreuve ?